24 Av. Jean Parlo, 13001 Marseille | [email protected]

⟵ Retour à l'article

Tronçonneuse qui ne démarre pas : le diagnostic selon l’état de la bougie (sèche, humide, noire)

Faites 5 ou 6 tirages dans la bonne position de démarrage, puis dévissez la bougie : son état donne la branche de la panne. Sèche, l’essence n’arrive pas au cylindre (vieux mélange, crépine, durite, mise à l’air du réservoir, membranes du carburateur). Mouillée, le moteur est noyé ou l’étincelle manque. Noire et grasse, le mélange est trop riche. Ensuite seulement : test d’étincelle, puis compression.

Diagnostic en quelques questions

Par quoi commencer quand la tronçonneuse ne démarre pas ?

Par la séquence de démarrage. Une tronçonneuse lancée dans la mauvaise position du starter, ou avec le starter laissé fermé après le premier coup d’allumage, ne démarre pas et se noie : ce n’est pas une panne. Vérifiez-la avec la séquence correcte pour votre marque, puis faites 5 à 6 tirages francs.

Si rien ne se passe, placez l’interrupteur sur STOP, retirez le capuchon et dévissez la bougie. En 2 minutes, vous savez si le carburant arrive au cylindre, s’il y en a trop, ou s’il brûle mal. Stihl l’écrit dans ses notices : en cas de difficultés de démarrage, contrôler tout d’abord la bougie. Husqvarna dit la même chose.

  • Temps2 min pour lire la bougie
  • DifficultéFacile
  • OutilsClé à bougie, chiffon propre, testeur d’étincelle
Les trois états de bougie après 5 à 6 tirages et ce qu’ils indiquent Sèche L’essence n’arrive pas → réservoir, crépine, durite, carburateur Mouillée Moteur noyé → dénoyer ; si elle se remouille : étincelle Noire, grasse Mélange trop riche → starter, filtre à air, dosage d’huile Bougie lue après 5 à 6 tirages, interrupteur sur STOP
Sèche, mouillée ou noire : chaque état envoie vers une seule famille de causes.

Sécurité. Les vapeurs d’essence s’enflamment avec une étincelle. Bougie dévissée ou capuchon retiré, Stihl interdit de tirer sur le lanceur sans avoir mis le levier sur STOP : l’étincelle peut jaillir hors de la bougie. Travaillez dehors, loin du bidon et du lieu où vous avez fait le plein, moteur froid.

Bougie sèche : pourquoi l’essence n’arrive-t-elle pas au cylindre ?

Après 5 ou 6 tirages au starter, la bougie doit sentir l’essence et être légèrement humide. Sèche, le mélange ne passe pas. Le chemin est court : réservoir → crépine → durite → carburateur (pompe puis dosage) → cylindre. On le remonte dans cet ordre, du plus simple au plus cher.

Circuit d’essence d’une tronçonneuse et les six points où il se bloque Réservoir crépine durite Carburateur membrane de pompe membrane de dosage poire Cylindre bougie sèche = rien n’arrive ici 1 2 3 4 5 6 1 mise à l’air du réservoir bouchée 2 crépine colmatée 3 durite fendue, durcie ou déboîtée 4 membrane de pompe durcie 5 membrane de dosage, pointeau 6 poire d’amorçage fendue
Le mélange descend du réservoir au cylindre ; une bougie sèche veut dire que l’un des six points bloque.
  1. Le mélange est-il récent ?

    Stihl demande de ne pas stocker le mélange plus de 30 jours (le MotoMix prêt à l’emploi fait exception, jusqu’à 5 ans selon la notice). NGK note qu’une essence moderne devient plus difficile à enflammer au bout d’environ 3 mois. Un mélange de la saison dernière : on vide, on rince, on refait un mélange frais au bon dosage, voir le tableau du mélange 2 temps.

  2. La poire d’amorçage se remplit-elle ?

    La poire (ou pompe d’amorçage) aspire le mélange à travers le carburateur et le renvoie au réservoir. Husqvarna demande de l’enfoncer au moins 6 fois, Stihl au moins 5 fois, même si elle paraît pleine. Si elle reste vide ou pleine de bulles, l’aspiration se fait mal en amont : crépine, durite. Une poire fendue prend l’air : elle se change.

  3. Le réservoir respire-t-il ?

    Quand le carburateur aspire, l’air doit rentrer dans le réservoir par la mise à l’air libre (un clapet). Bouchée, une dépression se forme et l’essence n’arrive plus. Le manuel d’atelier Husqvarna des 445/450 fixe l’ouverture de ce clapet à 70 mbar maximum en dépression. Test simple : dévissez le bouchon d’un tour et relancez. Si le moteur tousse ou démarre bouchon ouvert, la mise à l’air est en cause.

  4. La crépine est-elle propre ?

    La crépine est le filtre lesté au bout de la durite, au fond du réservoir. Sortez-la avec un crochet en fil de fer par l’orifice de remplissage. Stihl prescrit de la remplacer une fois par an. Noire, collante ou colmatée de vernis : on la change, elle coûte peu.

  5. La durite est-elle saine ?

    Pliez-la entre les doigts : une durite durcie se fissure, une durite poreuse aspire de l’air au lieu du mélange. Une fissure à la sortie du réservoir suffit à désamorcer le circuit. Le remplacement est détaillé dans changer la durite d’essence d’une tronçonneuse.

  6. Le carburateur fait-il son travail ?

    Le test qui tranche : versez une cuillère à café de mélange frais par le trou de bougie, revissez, tirez. Si le moteur démarre et cale au bout de quelques secondes, l’allumage et la compression sont bons et le carburateur ne débite pas. Après un hivernage avec du mélange dedans, les membranes de pompe et de dosage durcissent et ne pompent plus. Leur remplacement est décrit dans changer les membranes d’un carburateur Walbro ou Zama. Si le moteur ne fait rien, même avec du mélange dans le cylindre, passez au test d’étincelle.

Bougie mouillée : moteur noyé ou pas d’étincelle ?

Une bougie trempée de mélange veut dire que le carburant arrive, mais ne s’enflamme pas. Deux causes : le cylindre est noyé (trop de mélange pour l’étincelle), ou il n’y a pas d’étincelle et le mélange s’accumule. On dénoie d’abord, parce que c’est rapide.

La cause habituelle du noyage est donnée par Stihl : après le premier coup d’allumage, le levier n’a pas été ramené à temps de la position starter fermé à la position de démarrage. Le moteur a « toussé », on ne l’a pas entendu ou on a continué à tirer au starter.

La procédure de dénoyage, d’après la notice Stihl :

  1. Levier sur STOP

    Placez le levier de commande sur la position d’arrêt 0 (STOP).

  2. Démonter et sécher la bougie

    Essuyez les électrodes au chiffon. Si elle est imbibée, laissez-la sécher ou changez-la.

  3. Ventiler le cylindre

    Bougie dévissée, levier sur STOP, tirez plusieurs fois sur le lanceur pour chasser l’excès de mélange. Tenez la machine de façon que le trou de bougie ne soit pas tourné vers vous.

  4. Remonter et relancer sans starter

    Revissez la bougie, remettez le capuchon. Placez le levier en position de démarrage (demi-starter, celle du moteur chaud), même si le moteur est froid, et relancez.

Sur les gros modèles Stihl, la notice de la MS 441 C-M propose aussi une variante sans démonter : levier en position de marche normale et relancer. Husqvarna, pour une machine noyée à chaud, conseille d’attendre 10 à 15 minutes ou de lancer gâchette d’accélérateur à fond, sans starter. Pour le détail, et les cas où le noyage revient à chaque démarrage, voir que faire d’un moteur 2 temps noyé.

Erreur fréquente. Remettre le starter après un dénoyage « parce que le moteur est froid ». Le cylindre est déjà plein de mélange : on le renoie immédiatement. Après un dénoyage, on démarre toujours en position de démarrage (demi-starter).

Si la bougie, séchée et remontée, ressort de nouveau trempée après quelques tirages, le mélange arrive mais rien ne l’allume : c’est l’étincelle.

Bougie noire et grasse : un mélange trop riche

Un dépôt noir et sec sur la pointe de l’isolant, c’est de la calamine. NGK en donne les causes : mélange trop riche, filtre à air encrassé, starter utilisé trop longtemps ou à tort, bougie d’indice thermique inadapté, longs fonctionnements au ralenti, démarrages et arrêts répétés, carburant dégradé. Ce dépôt est conducteur : le courant fuit le long de l’isolant au lieu de sauter entre les électrodes, et le moteur ne démarre pas.

Stihl, dans ses notices, retient trois causes : trop d’huile dans le carburant, filtre à air encrassé, conditions d’utilisation défavorables. Husqvarna ajoute un carburateur mal réglé. Dans l’ordre :

  • nettoyez ou changez le filtre à air ;
  • vérifiez le dosage du mélange (une bouteille d’huile versée « à l’œil » donne souvent un mélange trop chargé) ;
  • changez la bougie : une bougie calaminée nettoyée redémarre parfois, mais se réencrasse vite si la cause reste ;
  • si la bougie noircit encore avec un filtre propre et un mélange correct, c’est le réglage du carburateur (vis L trop ouverte).

Stihl prévoit de remplacer la bougie toutes les 100 heures environ, plus tôt si les électrodes sont usées.

Comment tester l’étincelle sans se brûler ni s’électrocuter ?

Le bon outil est un testeur d’étincelle : une fausse bougie à éclateur réglé, qu’on branche sur le capuchon et qu’on pince à la masse sur le cylindre. Les constructeurs l’utilisent tous en atelier : testeur ZAT 4 chez Stihl, bougie de test 502 71 13-01 chez Husqvarna. La fiche de service Echo du CS-310 règle l’éclateur du testeur à 4,0 mm avec bougie, 6,0 mm sans bougie.

  1. Brancher le testeur

    Capuchon sur le testeur, testeur pincé sur une partie métallique du cylindre. Bougie remontée dans le moteur ou bouchon sur le trou : on n’aspire pas de vapeur d’essence vers l’étincelle.

  2. Levier en position marche

    Sinon l’interrupteur coupe l’allumage et le test ne veut rien dire.

  3. Tirer vivement et regarder

    Une étincelle franche et bleue claque à chaque tour. Jaune, faible ou irrégulière, elle ne suffira pas sous compression.

Sans testeur, la méthode classique consiste à poser le culot de la bougie sur le cylindre, capuchon branché. Elle marche, mais elle teste une étincelle à l’air libre, plus facile à produire qu’en compression. Tenez le capuchon par sa partie isolante, jamais par le fil ou le culot : la tension de sortie d’un module d’allumage se compte en milliers de volts.

À l’atelier. Pas d’étincelle ? Refaites le test avec une bougie neuve avant de toucher au module. Stihl et Husqvarna procèdent dans cet ordre : bougie neuve, puis interrupteur, puis entrefer, puis module.

Quel écartement de bougie et quel entrefer de bobine ?

Deux cotes comptent pour l’étincelle. L’écartement des électrodes de la bougie, réglé à la cale d’épaisseur. L’entrefer : le jeu entre le module d’allumage (la bobine) et les aimants du volant, réglé avec une cale en plastique. Trop d’entrefer, l’étincelle faiblit ; trop peu, le volant frotte.

Bougie, écartement et entrefer selon le constructeur
ModèleBougie d’origineÉcartementEntrefer module/volant
Stihl MS 170, MS 180NGK BPMR 7 A, Bosch WSR 6 F0,5 mm0,25 mm (+0,05 / −0,10), soit 0,15 à 0,30 mm
Stihl MS 171, MS 181NGK CMR 6 H0,5 mm0,25 mm ± 0,10, soit 0,15 à 0,35 mm
Stihl MS 250NGK BPMR 7 A, Bosch WSR 6 F0,5 mm0,30 mm (+0,20 / −0,10), soit 0,20 à 0,50 mm
Husqvarna 130, 135 Mark IINGK BPMR 7A0,5 mmnon publié dans la notice
Husqvarna 445, 450NGK BPMR 7A, Champion RCJ 7Y0,5 mm0,3 mm ± 0,1
Echo CS-310NGK BPM8Y (BPMR8Y selon série)0,6 à 0,7 mm0,3 à 0,4 mm

Stihl et Husqvarna sont à 0,5 mm sur toute la gamme courante. Echo est plus large, autour de 0,6 à 0,7 mm. L’entrefer, lui, varie d’un modèle à l’autre même dans une marque : on prend la valeur du modèle, jamais une valeur « générale ». Le détail des références de bougie par modèle et le réglage pas à pas sont dans bougie de tronçonneuse : référence et écartement.

Pour régler l’entrefer : tournez le volant pour mettre les aimants face au module, desserrez les vis du module, glissez la cale entre les deux, laissez les aimants plaquer le module contre la cale, serrez, tournez le volant pour libérer la cale. Husqvarna serre ses vis de module à 4,5 à 6 N·m sur les 445/450.

L’interrupteur d’arrêt peut-il empêcher le démarrage ?

Oui. Le bouton stop ou le levier combiné en position 0 arrête le moteur en reliant le fil de coupure du module à la masse. Si ce fil est dénudé et touche le carter, ou si le contact reste collé, l’allumage est coupé en permanence : pas d’étincelle, bougie mouillée.

Le test : bougie neuve, testeur branché, débranchez le fil de coupure côté interrupteur et relancez. Si l’étincelle revient, la panne est dans l’interrupteur ou son fil. Rebranchez avant de démarrer le moteur, sinon vous n’aurez plus aucun moyen de l’arrêter par le bouton. Si l’étincelle ne revient pas, contrôlez l’entrefer, puis le module.

Sur les Husqvarna à bouton stop rappelé par ressort, le bouton revient seul en position marche : vérifiez qu’il ne reste pas enfoncé. Sur les Stihl à levier combiné, vérifiez que le levier n’est pas resté sur 0.

Comment savoir si la compression est suffisante ?

Bougie bonne, étincelle franche, mélange qui arrive : il reste la compression. Le test simple vient de la fiche de contrôle moteur Stihl : tirez lentement le câble jusqu’au point dur de la compression, puis lâchez la machine suspendue par la poignée du lanceur. Elle doit rester suspendue plusieurs secondes contre la compression. Si elle descend aussitôt, la compression est faible. Si le câble ne sort pas du tout, le moteur est grippé ou bloqué.

Au manomètre (vissé à la place de la bougie, moteur tiré à fond, décompresseur fermé), peu de constructeurs publient une valeur. Echo en donne une pour le CS-310 : 0,88 MPa, soit 9 bar (128 psi). Stihl et Husqvarna contrôlent plutôt l’étanchéité : le manuel d’atelier Husqvarna des 445/450 fait monter le moteur à 0,8 bar et exige qu’il tienne au moins 0,6 bar après 30 secondes. Les causes d’une compression faible (segment collé, piston rayé, joint) sont traitées dans mesurer la compression d’une tronçonneuse.

Le décompresseur : à enfoncer avant chaque tentative

Les tronçonneuses de cylindrée moyenne et forte ont une soupape de décompression : un petit bouton sur le cylindre qui laisse fuir une partie de la compression pour alléger le tirage. La notice Stihl de la MS 441 C-M le précise : la soupape se referme automatiquement après le premier coup d’allumage. Il faut donc l’enfoncer de nouveau avant chaque nouvelle tentative.

Un décompresseur qui ne se referme plus (calamine sur le siège) fait perdre de la compression en permanence : le test de suspension échoue alors que le piston est bon. Husqvarna prévoit un contrôle d’étanchéité de la soupape en atelier. Nettoyez-la ou changez-la avant de conclure à un cylindre usé.

Quelle est la séquence de démarrage correcte, à froid et à chaud ?

Les notices récentes se ressemblent, mais les leviers ne se lisent pas pareil. Dans les deux cas, le frein de chaîne est serré pendant le démarrage.

Démarrage à froid et à chaud selon la notice
ÉtapeStihl à levier combiné (MS 171, 181, 211)Husqvarna (135 Mark II, 445, 450)
AmorçagePoire enfoncée au moins 5 fois (versions qui en ont une)Poire enfoncée 6 fois (au moins 6 sur 445/450)
Moteur froidLevier sur volet de starter ferméCommande de starter tirée vers vous puis vers le haut
Premier coup d’allumageLevier en position de démarrage (demi-starter), on relanceCommande de starter abaissée dès que le moteur tousse (135 : au plus 3 tirages), on continue à tirer
Moteur chaudLevier directement en position de démarrage (moteur ayant tourné environ 1 minute)Starter tiré puis aussitôt abaissé : le starter est coupé, le ralenti accéléré reste engagé
Moteur lancéPetit coup de gâchette : le levier revient en marche normale, ralentiPetit coup de gâchette pour revenir au ralenti

Stihl remet aussi le starter fermé après une panne sèche ou si le moteur cale à la première accélération. Husqvarna prévoit un cas à part pour le carburant trop chaud : machine à l’ombre, 20 minutes de refroidissement au moins, poire actionnée pendant 10 à 15 secondes, puis démarrage à froid.

Sur une machine récente qui ne démarre « jamais », appliquez la notice à la lettre trois fois de suite avant de démonter quoi que ce soit. Le starter laissé fermé après le premier coup d’allumage est la première cause de noyage que cite Stihl.

Comment savoir si la bougie est morte ?

À l’œil, une bougie aux électrodes arrondies, à l’isolant fêlé ou calaminé est à changer. Le test qui tranche : pas d’étincelle au testeur avec l’ancienne bougie, étincelle franche avec une neuve. Le coût d’une bougie justifie de l’essayer en premier.

Pourquoi ma tronçonneuse démarre à froid mais pas à chaud ?

Le plus souvent, elle est relancée à chaud avec le starter fermé et se noie. À chaud, on démarre en position de démarrage (Stihl) ou starter tiré puis abaissé (Husqvarna). Par forte chaleur, Husqvarna décrit aussi un carburant trop chaud qui empêche le démarrage : 20 minutes de refroidissement à l’ombre.

Ma tronçonneuse ne démarre plus après l’hiver, par quoi commencer ?

Par le mélange : vidé et remplacé par un mélange frais. Puis la bougie. Si elle reste sèche, crépine et membranes du carburateur, qui durcissent quand le mélange a stationné plusieurs mois dedans.

Donnez votre avis

★★★★★

Soyez le 1er à noter cet article
ou bien laissez un avis détaillé


Partagez cet article maintenant !



Smaf Touseau est un média indépendant. Soutenez-nous en nous ajoutant à vos favoris Google Actualités :

Réagissez à cet article

Partagez votre réaction